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L'usage répandu de micro-ondes et d'appareils dits WiFi suscite maintes interrogations depuis leur introduction. Cherchant à démystifier ces technologies, un reportage récemment diffusé à Radio-Canada dans le cadre de l'émission Découverte n'a en fait qu'ajouté à l'opacité du sujet et alimenté une crainte scientifiquement non-fondée. Le 23 avril 2007, la BBC y était allée d'un reportage se voulant rassurant quant à l'utilisation de tels appareils, ce qui avait entraîné un vent de protestation et d'incompréhension quant au WiFi. Bruno Remy, directeur des opérations chez ZAP Québec, soutient qu’il est intéressant de s’interroger sur l’impact des relais de téléphonie cellulaire (puissance de 10 à 50 watts) tandis qu’il importe de remettre en question les nombreuses spéculations entourant l’utilisation du WiFi en milieu de travail (20 à 100 milliwatts).
En fait, certaines de ces spéculations se nourriraient de conflits latents entre autorités municipales et leaders syndicaux. En 2000, suite à de nombreuses plaintes d'employés des Bibliothèques de la Ville de Paris, les autorités municipales furent amenées à étudier l'impact d'un puissant produit de nettoyage utilisé par un sous-traitant. Les vapeurs nocives émanant de ce produit avaient effectivement provoqué des maux de tête et même l'hospitalisation de certains employés. « En 2007, précise Bruno Remy, un ancien parisien, lorsque la ville de Paris a déployé des antennes WiFi dans les bibliothèques de tous les arrondissements, il n'en fallait pas plus pour que le syndicat dénonce le risque que représenterait cette technologie pour la santé de leurs employés et qu'il réactive la rhétorique mise de l'avant sept ans auparavant ». Ce discours ne saurait toutefois résister à la démonstration scientifique tant il ne s'appuie que sur des angoisses confondant réalité et fiction. Le Sénat français dénonce d'ailleurs cet enchevêtrement des logiques sur lesquelles s'appuient les arguments mis de l'avant par les opposants à l'utilisation répandue des technologies sans fil (arguments historiques, esthétiques, sociologiques ou économiques).
Dans une étude sur cette controverse sociotechnique entourant les antennes relais et les téléphones portables, Olivier Borraz, chargé de recherche au CNRS (Centre de sociologie des organisations) et Daniel Salomon (Risques et intelligence), relèvent également ces confusions mises à jour lors d'un colloque de l'AFTIM (1). « Pour les individus confrontés à cette incertitude, le manque de données nourrit des doutes et le manque de réponse satisfaisante aux interrogations peut aboutir à générer des inquiétudes ou des angoisses. En effet, en l'absence de données, le comportement le plus simple pour un individu consiste à construire son opposition sur le registre de la santé, quand l'argument est possible », poursuivent-ils (2).
Dans son rapport de 2002, la Commission européenne s'étant penchée sur la question conclut que « la littérature scientifique disponible ne permet pas d'établir que l'exposition aux champs électromagnétiques écourte la vie des hommes, induit ou favorise l'apparition de cancers ». Dans une étude du 8 janvier 2008, la Health Protection Agency britannique réitérait qu'à la lumière des savoirs et expériences actuelles, rien ne permettait de conclure à un risque quelconque sur la santé. La faiblesse des fréquences radio utilisées par les appareils WiFi ainsi que la faible puissance de leur signal (maximum théorique de 80 à 100 milliwatts, 40 à 50 milliwatts en pratique) n'auraient aucun impact biologique permanent sur l'être humain.
La longueur d'onde utilisée par la technologie WiFi, soit le 2,4 GHz, est exactement la même que celle utilisée par les fours micro-ondes. Une équipe de chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), basée sur le campus de l'Université de Villeneuve d'Ascq en France, s'est penché sur l'impact de l'utilisation des ondes de ces fours sur la santé humaine. Suivant leurs travaux, rien n'indique que les ondes utilisées puissent s'avérer nocives et ce, bien que leur puissance en watts soit 40 000 fois plus élevée que celle des routeurs utilisés pour déployer un accès WiFi.
Recourant à un analyseur de spectre, M. Remy a dernièrement constaté que seule l'activité électromagnétique d'un four micro-ondes était vraiment visible, tandis qu’un routeur sans fil déployé dans la même pièce était à peine perceptible. « Dès lors, questionne-t-il, comment prétendre sérieusement que le WiFi puisse être nocif pour la santé alors même que nous sommes nombreux à recourir à un four micro-ondes au travail sur l'heure du lunch ? ». Quotidiennement, nous sommes entourés d'ondes émanant d'équipements domestiques et notre exposition à celles-ci n'a jamais fait l'objet d'avis de la part des autorités compétentes quant à un quelconque risque. Santé Canada a par ailleurs publié nombre d'articles sur la question qui reconnaissent qu'aucun risque n'est associé à l'utilisation domestique des ondes (radio FM, micro-ondes, téléphone mobile et appareils WiFi/WLAN).
Conséquemment, ZAP Québec soutient que l'utilisation et l'exposition aux ondes diffusées par les routeurs WiFi ne présentent aucun risque pour la santé humaine.
(1) Association Française des Techniciens et Ingénieurs de Sécurité et des Médecins du travail, colloque tenu au Sénat le 11 juin 2002.
(2) Cités dans le rapport no. 52 de 2002-2003 de l’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), organe du Sénat français.